Cet été, voyagez engagé !

Cet été, voyagez engagé !

Et si les vacances n’étaient plus synonymes de plages bondées, de bouchons sur l’autoroute et de consommation à outrance mais de nature, de simplicité et d’aventure ? C’est la proposition faite par les quatre intervenants lors du quinzième apéro Get Green Together organisé par l’association The Greener Good. Nous les remercions chaleureusement pour la richesse de leurs interventions.

🌏 Voyager autrement c’est… 

🗑 … générer le moins de déchet possible, par Laura Clerc, créatrice du blog Deux évadés

Allier sa fibre écologique et son côté baroudeuse, c’est le défi que Laura s’est lancé en intégrant une démarche zéro déchet à son voyage d’un an et demi en Amérique. Déjà pas une mince affaire en étant sédentaire, en voyage, c’est encore une autre histoire. Pour elle, le zéro déchet va au-delà d’un bocal en verre recueillant tous ses déchets de l’année : c’est une philosophie, un chemin à parcourir pas après pas, avec certaines règles à suivre. 

👉 Les 5 règles d’or pour réduire ses déchets dans sa vie de tous les jours : 

  1. REFUSER les emballages jetables dont on se sert seulement une fois
  2. RÉUTILISER et apprendre à donner plus d’utilité aux objets de tous les jours
  3. RÉDUIRE sa consommation (produits et services, eau, énergie, etc.)
  4. RECYCLER le plus possible
  5. COMPOSTER

Même en voyage, il est important de poursuivre sur la voie du zéro déchet. Malgré ce contexte particulier, il est possible d’adopter un mode de vie éco-responsable, afin d’être en cohérence avec ses valeurs et de respecter les lieux visités.

Par où commencer ? Deux domaines principaux sont responsables de la majeure partie des déchets lors d’un voyage : l’alimentation et l’hygiène.

Voici la liste d’indispensables pour un voyage zéro déchet… ou presque !

🥪Alimentation🛁Hygiène
Verre réutilisable (gobelet ou tasse en inox)
– Kit de couverts
– Pochette (pour les snacks ou autre)
– Tissu enduit de cire (beewrap) pour le transport de nourriture (sandwichs, gâteaux…)
– Boîte hermétique type Tupperware 
Sac en tissu pour les courses (tote bag)
– Sacs à vrac en tissu
– Gourde
– Brosse à dents avec tête interchangeable
– Déodorant maison
– Crème visage et corps
– Éponge exfoliante type luffa (utile aussi bien pour le corps que pour la vaisselle)
– Lingettes lavables (nettoyage, démaquillage)
– Cures-oreilles écologiques (ou oriculi)
– Shampoing solide
– Savon de Marseille (utile pour la toilette, la vaisselle et sert même de dentifrice !)

Cette démarche, en plus d’être écologique, est très économique et ne demande qu’à être essayée !



🏔…. partir sans sa voiture, par Loïc Cédelle, créateur du blog Nature Sans Voiture

⚠ Partons d’un constat

  • Un plein de 50 litres d’essence rejette 130kg de CO2 dans l’atmosphère, le double  du poids du conducteur. Le même plein contient 5% d’huile de palme soit autant que 15 pots de nutella. 
  • Le contact rail-roue est 100 fois plus efficace que le contact pneu-bitume. Mais surtout un bus rempli est 10 fois plus efficace qu’une voiture de 5 passagers et un train rempli 100 fois plus, à cause de la résistance de l’air mutualisée entre les passagers.
  • En prenant en compte son taux d’occupation très faible (1,1 personne par véhicule en moyenne sur un trajet quotidien ; 2,2 sur les longs trajets), la voiture serait aussi polluante que l’avion en termes d’émissions, voire davantage.

🚙 La voiture individuelle, bien que reconnue nocive pour l’environnement et la santé, reste pourtant à ce jour le moyen de transport le plus utilisé en France, autant en ville qu’à la campagne.

🚌 🚈 Il existe pourtant de nombreuses destinations desservies par les transports en commun (car, TER), qui relient la ville aux territoires plus ruraux.

C’est en partant de ce constant que Loïc Cédelle a créé un site internet, Nature sans Voiture, dont le but est de partager des circuits de randonnée à proximité de Lyon accessible en transport en commun. Des randonnées à la journée ou sur plusieurs jours, ainsi que des itinéraires praticables en vélo, kayak, raquettes et ski de fond y sont proposés, avec en prime les horaires des moyens de transport en commun à emprunter pour s’y rendre sans voiture.

👉 Voici quelques BONS PLANS pour les habitants de la région afin de payer moins cher les transports en commun : 

🚶‍♂Pour les personnes seules : l’abonnement Illico Rhône Alpes permet de bénéficier de 25% de réduction la semaine et de 50% le WE et les jours fériés sur tous les déplacements en TER dans la région Auvergne Rhône-Alpes 

👨‍👩‍👧‍👦Pour les groupes : Promo illico le samedi et pendant les vacances scolaires

📱 Télécharger l’application SNCF pour avoir les meilleurs tarifs (à ne pas confondre avec l’application OuiSNCF).  

Carte OùRa : réduction les week-ends en Auvergne Rhône-Alpes (avec possibilité de coupler l’abonnement avec TCL et Vélo’v). 

🚖Transport à la demande : possibilité d’être véhiculé par un véhicule du réseau de transports en commun local à l’arrivée en gare. 

🗺… être ouvert à l’inconnu et aux rencontres, par Siméon Baldit de Barral, co-fondateur de l’association On The Green Road et auteur de “Les Facéties du Stop

Les vacances, c’est aussi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, de découvrir de nouvelles cultures et de sortir volontairement de sa zone de confort. C’est ce que Siméon Baldit de Barral a expérimenté en se déplaçant régulièrement en stop puis lorsqu’il est parti faire un tour du monde à vélo.

Assez effrayante au premier abord, cette expérience lui a permis de se détacher de certaines peurs et d’appréhender l’inconnu de façon plus assurée, tout en étant plus conscient de la réalité et potentiels dangers.


Grâce aux multiples rencontres faites durant ses voyages, il a pu développer son empathie, sa compréhension du monde et surtout sa conscience environnementale. Une grande richesse qu’il avait à coeur de partager. Pour lui, les voyageurs sont des « abeilles pollinisatrices » qui butinent partout et se doivent se relayer leurs apprentissages. 🐝

🎥 C’est pour cela qu’il a mené un projet de documentaire, rassemblant des interviews de personnes rencontrées dans le monde entier. C’est ainsi qu’est née On The Green Road, association qui a pour objectif de sensibiliser aux problématiques sociétales et environnementales par des témoignages d’explorateurs.

L’association accompagne les personnes qui ont un rêve de voyage engagé, proche ou lointain, en les aidant à monter leur projet, en les formant à l’audiovisuel, et les faisant réfléchir à l’éthique de leur périple, puis les épaulant dans le partage…

Une dynamique qu’il souhaite maintenant porter au sein des universités, avec le Concours Explor’actions, qui souhaite porter auprès de ceux pour qui l’avion n’est plus qu’une formalité le goût savoureux d’un autre voyage, plus respectueux, plus engagé, de nouveau aventureux…

🚲 … pédaler au gré de ses envies par Amélie, bénévole à la Maison du Vélo Lyon

Et si le vélo était la solution pour voyager autrement ? Économique, écologique, et sans contraintes d’horaires comme les transports en commun, le cyclotourisme est un moyen original et sportif pour partir en vacances.


Pour Amélie, le voyage en vélo c’est plus qu’un hobbie, c’est un mode de vie.

“C’est la vitesse idéale pour profiter du paysage, rencontrer des gens et on se permet plus facilement un détour qu’à pied.”

Bénévole à la Maison du Vélo Lyon, cette association fait la promotion de ce mode de transport et organise des soirées de rencontres entre voyageurs à vélo et propose des ateliers de préparation et de réparation.

Cette férue de deux roues s’y connait et nous offre quelques conseils pour préparer nos futures sorties.

Pour voyager léger :

Lors des premières expéditions, il est fréquent d’emmener trop d’affaires. C’est compréhensible ! On peut avoir peur d’oublier quelque chose qui nous sera essentiel durant le trajet. Cependant, on se rend vite compte qu’une bonne partie est superflue, et ne servira jamais.

Petit conseil pour éviter cela : tenir un fichier avec tous les objets qui nous semblent importants, et le mettre à jour après chaque sortie, en analysant l’utilité de chaque objet (sachant que selon la durée, le type de séjour ou même d’une personne à l’autre, on peut avoir besoin de choses différentes).

🔎 Voici une liste non-exhaustive des objets à emmener lors d’un voyage à vélo :

Hygiène

Alimentation

Pharmacie

Sécurité

– brosse à dent
– dentifrice
– serviette
– gel hydroalcoolique
– boules quiès
– papier toilette
– savon
– serviette
– lessive…


– eau
– flocon d’avoine
– lait en poudre
– popote
– couverts
– briquet
– réchaud
– gaz
– torchon…
– pansements
– crème solaire
– produit anti-moustiques
– pince tire-tique
– alcool à 90°…
– casque
– brassard fluo
– gilet fluo
– cadenas
– éclairage sur le vélo…
Habillement

Outillage

Divers

Couchage

– sous-vêtement
– foulard
– casquette
– pantalon
– short ou cuissard
– gants
– imperméable
– T Shirt anti UV – polaire
vêtement de nuit
– sac pour linge sale
(2 T shirts suffisent amplement on lave le premier chaque soir et on met le second pendant que le premier sèche)

– pompe
– chambre à air
– clés allen
– tournevis
– clef à rayon
– tendeurs
– maillons rapides
– dérive chaîne
– démonte pneu…
– lunettes de soleil
– appareil photo
– lampe frontale
– carte
– papier d’identité
– argent…

– tente
– duvet
– matelas
– oreiller…

Sans oublier le VÉLO bien sûr !

🗺 Et pour tracer sa route : 

  • Carte Véloroute
  • Voies Vertes FR
  • Cartes Michelins (privilégier les petites routes blanches) Cartes au 1/150000 on y voit les pistes cyclables, les routes touristiques
  • Topo Guide (nombreux guides (France ou Etranger) empruntables à la Bibliovélo de la Maison du vélo) ViaRhona, Vélodyssée, Loire à vélo, Veloscenie, Canal du midi, Danube, Eurovélo
  • Pour les vélos à assistance électrique certains guides donnent les lieux de recharge exemple: : La route des grandes Alpes 
💪 Faut-il avoir une condition physique ?

  • Si on choisit un trajet peu vallonné toute personne même débutante peut faire aisément 50 kilomètres en quelques heures. Il faut commencer ce genre de sortie sur un court trajet, et tester ses capacités au fur et à mesure.
  • Si on s’attaque à la montagne, il faut une bonne condition mais c’est davantage le choix des plateaux et des pignons qui influe. Plus encore que la condition physique !

Le réglage des plateaux et des vitesses ainsi que la qualité du vélo influent davantage que la condition physique lors de balade. Même une personne débutante peut faire aisément 50 kilomètres en quelques heures. Il faut commencer ce genre de sortie sur un court trajet et tester ses capacités au fur et à mesure. 

Où dormir ?

Que l’on soit amateur de nature sauvage ou que l’on ait besoin d’un peu plus de confort, les solutions pour dormir ne manquent pas : bivouac (attention, pas camping sauvage), camping, chambres d’hôtes… voire logement chez l’habitant ! Le site internet warmshowers.org met en relation les cyclistes avec des hôtes pouvant les héberger, leur prêter un coin de jardin pour poser la tente et/ou leur offrir une douche chaude. 

🌪 Et en cas de galère ?

Des éléments extérieurs et imprévisibles peuvent perturber les sorties, comme la pluie et les problèmes techniques sur le vélo. Un seul conseil : soyez équipés ! Pensez aux vêtements de pluie et à prendre un modèle de tente dont on peut installer d’abord l’extérieur puis l’intérieur. Il est par ailleurs conseillé de s’équiper d’une petite boîte de réparation express avec une chambre à air, une pompe, des démontes pneu et un multi-outil (clés allen et tournevis).

❗ Enfin si vous errez dans des endroits peu fréquentés, pensez bien à avoir suffisamment d’eau et un peu de nourriture. 

Assez loin du farniente, ces quatre visions partagent l’idée que les vacances sont des moments de liberté où l’on a la possibilité d’explorer de nouveaux lieux, d’expérimenter des pratiques différentes, d’être curieux et ouvert à l’inconnu, avec comme seul impératif de se laisser porter par ses envies

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🔎Le Saviez-vous ?

Paul de Vivié : inventeur du cyclotourisme 

En 1853 naissait Paul de Vivié, alias Vélicio. Au moment de son arrivée à Saint-Étienne, il entreprend plusieurs grands trajets à vélo de plusieurs centaines de kilomètres et se prend de passion pour ces deux-roues. Il créera par la suite l’Agence Générale Vélocipédique qui commercialisera une marque de vélo nommé Rodger.

Vélicio fonda également une revue nommée « Le Cycliste », et arpenta les massifs français durant des décennies en faisant la promotion du cyclotourisme, terme qu’il invente en 1888. Il est pour beaucoup dans le développement des itinéraires touristiques en militant pour la création du Touring Club de France (itinéraires, panneaux, bancs, table d’orientation…).


« La bicyclette n’est pas seulement un outil de locomotion ; elle devient encore un moyen d’émancipation, une arme de délivrance. Elle libère l’esprit et le corps des inquiétudes morales, des infirmités physiques que l’existence moderne, toute d’ostentation, de convention, d’hypocrisie – où paraître est tout, être n’étant rien – suscite, développe, entretien au grand détriment de la santé. » – 1930, Vélicio
 

Les 7 principes de Vélicio pour la pratique de cyclotourisme : 

#1 – Haltes rares et courtes, afin de ne pas laisser tomber la pression.

#2 – Repas légers et fréquents : manger avant d’avoir faim, boire avant d’avoir soif.

#3 – Ne jamais aller jusqu’à la fatigue anormale qui se traduit par le manque d’appétit et de sommeil.

#4 – Se couvrir avant d’avoir froid, se découvrir avant d’avoir chaud et ne pas craindre d’exposer l’épiderme au soleil, à l’air, à l’eau.

#5 – Rayer de l’alimentation, au moins en cours de route, le vin, la viande et le tabac.

#6 – Ne jamais forcer, rester en dedans de ses moyens, surtout pendant les premières heures où l’on est tenté de se dépenser trop parce qu’on se sent plein de forces

#7 – Ne jamais pédaler par amour-propre.

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