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Les fausses bonnes idées de l’écologie

Les fausses bonnes idées de l’écologie

 

Une fois par mois, Clémentine Mossé, co-fondatrice et Directrice de The Greener Good, prend la parole au micro de RCF Lyon, pour vous donner des conseils pour un quotidien plus respectueux de l’environnement.

Au micro : 

[Lecteur podcast]

Retranscription du podcast 

 

🎙️ Marie : On reçoit beaucoup d’informations sur les éco-gestes, sur ce qu’il faut ou ne faut pas faire pour limiter les impacts de sa consommation : faites comme ci, achetez cela… Mais, comme dans tous les domaines, on retrouve parfois des “fausses bonnes idées”. Avez-vous quelques exemples à nous donner ?

🌿 Clémentine : Parfois, on veut bien faire, et on pense que certaines actions sont vertueuses alors qu’elles sont finalement plus nocives que bénéfiques. Et c’est normal d’être perdu, puisque nous sommes inondés de messages contradictoires.

Par exemple, on pense que trier ses déchets, c’est être écolo. Effectivement, c’est un premier pas, et si vous le faites, continuez, et si vous ne le faites pas, commencez. Mais tri ne signifie pas recyclage, puisque tout n’est pas recyclable. D’autre part, le recyclage des déchets ménagers, bien que nécessaire, est beaucoup moins intéressant d’un point de vue écologique que le choix d’une alimentation moins carnée et plus locale, la prolongation de la durée de vie de ses appareils électroniques ou encore le choix d’une mobilité décarbonée, si l’on parle d’un point de vue climatique.

 

🎙️ Marie : Ce sont donc des actions qui remontent un peu plus en amont, avant l’achat. 

Justement, en termes de déplacement, on parle beaucoup de la voiture électrique, est-ce une vraie bonne idée ?

🌿 Clémentine : Très bonne question ! Si on a un usage régulier de son véhicule, alors il est plus intéressant en termes de bilan carbone de passer à un véhicule électrique. Mais pas n’importe lequel ! En effet, en ce moment, on entend beaucoup parler des SUV électriques qui sont des véhicules très volumineux et donc qui consomment beaucoup d’énergie pour être déplacés. L’idéal est donc d’opter pour un véhicule électrique léger.

Et si on habite et travaille en ville et qu’on en a la possibilité, la solution la plus économique et avec le moins d’impact est de se passer de véhicule individuel et d’aller vers des alternatives telles que la location de voiture en autopartage, le vélo ou les transports en commun.  

 

🎙️ Marie : Parfois, on entend parler d’effet rebond de certaines actions qu’on juge “écologiquement intéressantes”. Qu’est-ce que c’est ? Avez-vous des exemples ?

🌿 Clémentine : L’effet rebond, c’est quand une idée est bonne pour résoudre un problème, mais qu’elle va elle-même engendrer d’autres problèmes que l’on n’avait pas forcément anticipés. 

Un premier exemple est celui de Vinted, l’application de vente et d’achat de vêtements d’occasion. D’un côté, la vente de seconde main redonne une vie à un produit déjà fabriqué, on va donc économiser des ressources qui ne vont pas être utilisées pour refabriquer un produit neuf. Mais d’un autre, cela donne l’illusion de pouvoir acheter et revendre en illimité, ce qui va entretenir chez certaines personnes une surconsommation de vêtements, sans parler des impacts liés au transport des marchandises et aux déchets des emballages. L’idéal, c’est de faire durer au maximum ses vêtements, de chiner localement dans des friperies ou auprès de son entourage, ou d’acheter des vêtements éventuellement neufs, mais éthiques et de qualité.

Un autre exemple est celui des liseuses qui remplacent les livres en papier. Certes, on évite à des arbres d’être coupés pour fabriquer du papier, mais de l’autre, on utilise des ressources non-renouvelables et de l’énergie pour fabriquer une liseuse, puis pour l’utiliser. Finalement, on se rend compte que la liseuse est écologiquement plus intéressante, en termes d’émission de gaz à effet de serre, à partir d’une centaine de livres lus.

Comme pour les vêtements, on n’est pas obligés d’acheter un livre neuf, on a plein d’autres moyens de lire comme l’emprunter dans une bibliothèque ou à une connaissance, aller fouiller dans une boîte à livres, ou encore l’acheter d’occasion sur le site Recyclivre, chez un bouquiniste ou une librairie spécialisée dans l’occasion…

 

🎙️ Marie : Vous avez parlé d’émission de gaz à effet de serre. Alors que penser de la compensation carbone ?

🌿 Clémentine : La compensation carbone, c’est le mécanisme qui nous dit “j’émets telle quantité de gaz à effet de serre, du coup, je vais acheter des arbres et cela va s’équilibrer”. 

Il est moralement difficile de se dédouaner en plantant un arbre : par exemple, un vol en avion ou un sèche-main électrique ont une empreinte carbone, mais pas que : c’est aussi l’utilisation de ressources non-renouvelables, des impacts sur la biodiversité, l’émission de pollutions… Donc acheter des “crédits carbone” ne va pas résoudre tous les problèmes. 

Il faut voir aussi combien il faut planter d’arbres. Par exemple, pour compenser les émissions carbones moyennes pour une personne en France, il faut planter environ 360 arbres.

De plus, vu l’urgence climatique, comme l’a rappelé encore récemment le GIEC dans la synthèse de son sixième rapport, chaque kg de gaz à effet de serre évité compte. Il faut vraiment agir à la source, il faut limiter au maximum les émissions de gaz à effet de serre avant d’essayer de les compenser. 

 

🎙️ Marie : Finalement, pouvez-vous nous rappeler quelles actions ont un réel intérêt écologique ?

🌿 Clémentine : Pour faire court, on peut :

  • Décarboner sa mobilité : limiter l’avion et l’usage de la voiture, passer à la voiture électrique si on en a besoin, aux transports en commun, au vélo…
  • Opter pour une alimentation plus végétale et plus locale
  • Faire attention à sa consommation de manière générale : se tourner vers des produits d’occasion ou écologiques que l’on va faire durer au maximum
  • Préserver l’énergie : rénover et isoler son logement, réduire le chauffage l’hiver…

Et surtout, continuer de s’informer et d’agir, chaque action compte !

 

🎙️ Marie : Comment bien s’informer dans cette avalanche d’informations ?

🌿 Clémentine : On a énormément de messages qui sont véhiculés par les publicités, et bien sûr, les marques ont intérêt à ce que l’on achète. On peut apprendre à identifier le greenwashing pour éviter de se faire avoir.

Ensuite, en termes de sources d’information, l’idéal est de croiser plusieurs sources et de ne pas forcément se fier à tout ce que l’on voit passer sur les réseaux sociaux ou sur Internet. On peut se tourner vers des organismes fiables comme l’ADEME (l’Agence de la Transition Écologique), l’ALEC (Agence Locale de l’Energie et du Climat de la Métropole de Lyon) ou l’AGEDEN (Association de Gestion Durable de l’Énergie) en Isère, qui vont pouvoir nous aiguiller.

Il y a aussi des associations comme 60 millions de consommateurs qui font des enquêtes et qui permettent de nous aider à y voir plus clair.

Pour finir, un compte Instagram à suivre : “ecolo_mon_cul” qui dénonce le greenwashing créé par certaines marques et met en lumière quelques fausses bonnes idées de l’écologie.

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